Pourquoi j’agis pour protéger le système des registres de numérotation — et pourquoi c’est une question de stabilité
Pourquoi le plus grand bénéficiaire d’un système de registre stable le combattrait-il ?

Contester les abus peut aider un système à continuer de fonctionner. Lu Heng explique pourquoi la fiabilité de l’enregistrement des ressources de numérotation importe à tous ceux qui en dépendent.
Mes actions ne visent pas à saper le système. Elles visent à protéger le fonctionnement du système mondial des registres de numérotation, indispensable à la stabilité de l’Internet. Que ce système repose sur la structure actuelle des RIR ou qu’il évolue vers quelque chose de meilleur est secondaire. Ce qui compte, c’est qu’il soit neutre, prévisible et non coercitif.
Je dépends plus que la plupart des participants d’un système de registres stable. Mes entreprises, mes actifs et la valeur que je peux préserver à long terme n’existent que si les ressources de numérotation sont administrées selon des règles claires, avec des droits dont le respect peut être assuré et une gouvernance cohérente. L’instabilité détruit directement mes intérêts économiques. Je n’ai donc aucune raison rationnelle de créer du désordre.
Le danger ne vient pas des acteurs du marché qui ont besoin que le système fonctionne. Il apparaît lorsque l’autorité du registre est détournée pour en faire une arme — lorsque le pouvoir de gestion devient un levier de coercition, d’application sélective des règles ou de captation de valeur. Le registre cesse alors d’être une infrastructure pour devenir une source de risque systémique.
Je m’oppose à la corruption et aux abus parce qu’ils sont la cause profonde de l’instabilité. Lorsqu’un registre tombe sous la coupe d’une direction en situation de conflit d’intérêts ou corrompue, la confiance s’effondre, l’investissement recule et la légitimité de l’ensemble du dispositif est menacée. Tous ceux qui dépendent des ressources de numérotation en souffrent, pas seulement certains acteurs pris isolément.
J’agis de l’intérieur du système, pas de l’extérieur. Par l’ampleur, l’exposition et la durée de mes activités, je figure probablement parmi les principaux bénéficiaires d’un système de registres de numérotation stable et fondé sur des règles. Cette position rend, par sa logique même, la corruption irrationnelle pour moi. Mes rendements proviennent de la continuité, du renouvellement et de la confiance à long terme — pas de manipulations à court terme.
Mettre fin aux abus institutionnels ne relève donc pas de la déstabilisation. C’est défendre le système. Protéger le système des registres de numérotation exige parfois d’affronter ceux qui le sapent de l’intérieur, afin d’en préserver durablement la stabilité, la neutralité et la légitimité.